Le Culte

samedi 19 novembre 2011

La Religion Musulmane : Le Culte Islamique

« Les traditionnels devoirs élémentaires de tout musulman révèlent à quel point la foi et les actes sont liés dans cette religion ».

En Islam, le culte ou Ibâda consiste pour chaque croyant individuellement ou collectivement sans intercesseur à pratiquer les éléments essentiels du dogme ou doctrine.
L’Islam pour l’essentiel constitue les cinq piliers de l’Islam ; qui sont les liens reliant la créature humaine à Dieu. Il n’y a pas de prêtre au sens de Directeur de la conscience. Il n’y a pas d’organisation cléricale qui serait chargé de la surveillance du dogme et de la pratique. Autant dire que le pardon des pêchés ne relève que de Dieu infiniment compatissant, infiniment miséricordieux.

Le croyant espère avec ferveur, mériter le pardon au manquement des prescriptions religieuses. Nul ne peut s’arroger le droit de donner des indulgences le Coran dit : Nul ne saura remplacer un pêcheur au moment du jugement. Les obligations de tout croyant (Arqân Al-Islam) sont les cinq obligations fondamentales (ou piliers de l’Islam) à savoir :

  • 1 – La profession de foi
  • 2 – La prière rituelle (5 fois par jour)
  • 3 – L’acquittement de l’aumône légale (Zakât 2,5 % par an sur l’argent épargné)
  • 4 – le Jeûne du mois de Ramadhan (9ème mois de l’hégire)
  • 5 – Le pèlerinage au moins une fois dans la vie, pourvu qu’on soit en état de l’accomplir.

Omar Ibnu Al-Khattab (que Dieu l’agréé) compagnon du Prophète, et 2ème calife de l’Islam rapporte « un jour alors que nous étions assis auprès de l’Envoyé d’Allah, soudain apparut à nous un homme aux habits d’une vive blancheur et aux cheveux très noirs, sans trace visible de voyage sur lui, personne parmi nous ne le connaissait.
Il vint s’asseoir en face du Prophète, plaça ses genoux contre les siens et, posant les paumes de ses mains sur ses deux jambes, il lui dit : « Ô Mohammed, informe-moi au sujet de l’Islam. L’Envoyé de Dieu lui répondit : « L’Islam est que tu témoignes qu’il n’est pas de divinité si ce n’est Allah, et que Mohammed est l’Envoyé d’Allah, que tu accomplisses la prière, tu verses la zakât ; jeûnes le mois de Ramadhan et effectues le pèlerinage à la maison Sacrée si tu en as la possibilité ».
« Tu as dit vrai « dit l’homme. Nous fûmes pris d’étonnement de le voir interrogeant le Prophète et l’approuver. Et l’homme de poursuivre :
« Informe-moi au sujet de la foi » (Al-Imân)
« C’est, répliqua le Prophète, de croire en Allah, en ses anges, en ses livres, en ses Prophètes, au jour dernier et de croire dans le destin imparti dans le Bien et le Mal ».
« Tu dis vrai », répéta l’homme, qui reprit en disant : « Informe-moi au sujet de l’Ihsân » (La morale pratique ou l’excellence). C’est répondit le Prophète, que tu adores Allah comme si tu le vois, car si tu ne le vois pas, Lui te voit ».
L’homme dit : « Informe-moi sur l’heure ». Le Prophète répondit : « l’interrogé n’en sait pas plus que celui qui l’interroge ». L’homme demande alors : « Quels en sont les signes précurseurs ? » c’est dit le Prophète, lorsque la servante engendrera sa maîtresse et lorsque tu verras des pâtres miséreux, pieds nus et mal vêtus, rivaliser dans l’édification de constructions élevées ».
La-dessus, il s’en alla. Quant à moi, je restais un moment ; ensuite le Prophète me demanda : « Ô Omar ! Sais-tu qui interrogeait ? » Je répondis : « Allah et son Envoyé en savent plus. C’est Jibrîl (l’Archange Gabriel) dit le Prophète qui est venu vous enseigner votre religion » (Recueil de Nawawi : des quarante hadith)
.
I – LA PROFESSION DE FOI (Al-chahâda) :

Elle consiste en la récitation de la formule constituée par une double proposition : il n’y a de divinité qu’Allah (Lâ Ilâha Illa Allah) et Mohammed est l’Envoyé d’Allah (Muhammadun Rassûlu Allah). C’est par excellence la formule de conversion à l’Islam. Son énonciation après mûre réflexion engage par voie de conséquence la personne qui la prononce à mettre en pratique les autres piliers de l’Islam au premier rang desquels la prière quotidienne qui est l’essence du culte (Mukhu Al Ibada).
Le croyant prononce la formule de la chahâda dans toutes les circonstances solennelles et surtout aux approches de la mort, dans ses prières etc…

II – LA PRIERE :

Le Coran insiste sur la nécessité d’accomplir les 5 prières quotidiennes prescrites à des moments bien déterminés. Il blâme nettement toute négligence sur ce point. La prière a été réglementée par le Prophète lui-même qui a dit « priez comme vous m’avez vu prier ».
Le musulman doit accomplir quotidiennement les cinq prières rituelles obligatoires à partir de la puberté ; à condition qu’il soit sain d’esprit.

  • à l’aube (salât al-Subh)
  • à midi (salât al-Dhuhr)
  • l’après-midi (salât al-Asr)
  • au coucher du soleil (salât al-Maghrib)
  • à la nuit (salât al-‘Ichâ’).

Les cinq prières ont été prescrites lors du voyage nocturne à Jérusalem (Al Qods) et l’ascension de Mohammed (SAWS) (Al Isra’wa al-Mi’râj).
Le musulman avant de faire la prière doit être en état de pureté. Le Prophète (SAWS) a dit : « La pureté est la moitié de la foi ». Il y a pour le musulman deux état d’impureté :

a) impureté mineure (hadath) causée par le contact avec des matières impures, la satisfaction des besoins naturels (excrément, urine, gaz, écoulement sanguin, sommeil profond, évanouissement, etc…)
b) impureté majeure : (janâba) causée par rapports sexuels, pollutions nocturnes, menstrues, accouchement).

A ces deux états correspondent deux sortes de purifications (tahâra) : purification ou ablution mineure (wudhû’) et purification ou ablution majeure (ghusl). Ces purifications se font avec de l’eau légalement pure (sans odeur, sans goût, sans couleur).
Lorsque l’eau manque on peut la remplacer par du sable ou une pierre propre (Tayammum : lustration pulvérale ou ablution sèche).
En cas d’impureté mineure (hadath) la purification ordinaire (wudhû’) doit être pratiquée avant la prière : le Coran dit : « Ô croyant ! quand vous vous levez pour vous acquitter de la prière, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes, essuyez vos têtes et (lavez) vos pieds jusqu’aux chevilles (sourate V – verset 6).
La purification n’est valable que précédée par la purification interne qui consiste à purifier l’âme des impuretés des pêchés et de la désobéissance, par un sincère repentir de toutes les fautes commises, à se nettoyer le coeur des souillures du polythéisme, du doute, de la convoitise, de la rancune, de la supercherie, de l’orgueil et de l’ostentation.
En cas d’impureté majeure (janâba) la purification majeure (ghusl) exige un lavage total et minutieux de tout le corps y compris les cheveux exclusivement à l’eau légalement pure. Le Coran dit : « Si vous êtes en état d’impureté, lavez-vous entièrement le corps (sourate V – verset 6). Il dit encore : Dieu aime ceux qui reviennent vers Lui et aime ceux qui s’appliquent à être purs (sourate II – verset 222). En cas d’impureté majeure, la purification mineure n’est pas valable sans la purification majeure.

La Prière : Deuxième pilier de la religion musulmane

Le Prophète Mohammed (SAWS) a dit : « Prie à genoux, prie debout, prie couché, assis, la nuit ou le jour… mais prie ».
La prière est le lieu du musulman (Sila) avec son créateur.
Il faut s’isoler des soucis de la vie matérielle, demander miséricorde pour le passé et paix pour l’avenir.
S’adresser au Seigneur se fait avec tout son Etre…
Tout en préparant l’attitude de soumission et d’orientation vers la Mecque, tout en se pénétrant du fait qu’on va être face à Dieu, seul sans aucun intermédiaire, et que le Créateur va écouter les louanges et les demandes, il faut que le cœur croie et que la bouche profère.

Les Prières quotidiennes

Les prières comprennent des génuflexions (Rukû’) et des prosternations (sujûd) qui forment les « Rak’as ».

1 – Le Subh comprend 2 Rak’as (génuflexions)

2 – Le Duhr comprend 4 Rak’as (génuflexions)

3 – Le Asr comprend 4 Rak’as (génuflexions)

4 – Le Maghrib comprend 3 Rak’as (génuflexions)

5 – le Icha comprend 4 Rak’as (génuflexions)

Trois autres prières supplémentaires sont vivement recommandées :

1 – Le Fajr (prière surérogatoire), avant le lever du soleil et aussitôt avant la prière de Subh, comprend 2 Rak’as

2 – Le Chafaa (prière surérogatoire) après le Icha, comprend 2 Rak’as

3 – Le Wîtr (prière surérogatoire), après le Chafaa comprend 1 Rak’a

ps : Si tu pries après l’heure du Sobh (une fois le lever du soleil), tu pries d’abord la prière obligatoire (Sobh) puis la prière surérogatoire (Fajr) car on privilégie toujours la prière obligatoire sur la surérogatoire.

Conditions essentielles pour entrer en prière

Pour entrer en prière quatre conditions sont nécessaires :

1 – Il faut être pur et propre, de corps et de vêtements, et placé sur un endroit exempt de toute souillure ou sorte d’impureté.

2 – Il faut être décemment habillé, avoir le corps vêtu.

3 – Il faut se tourner vers la Mecque où se trouve la Kaaba

4 – Il faut être en état de pureté par les ablutions.

Les moments des prières

1 – La prière du Sobh : désigne la prière obligatoire (la prière "farida" elle se fait à l’aurore vraie ; c’est la prière du point du jour. Son temps commence quand l’aurore fond les ténèbres, et se prolonge jusqu’au moment où les salutations finales de la prière accompagnent l’apparition du bord du disque solaire.

2 – La prière du Duhr : elle doit se faire au moment où le soleil décline du milieu du ciel, et où l’ombre commence à s’allonger. La fin de son temps est marquée par le moment où l’ombre de chaque objet devient égale à l’objet même.

3 – La prière du Asr : elle doit être faite à la fin du temps du Duhr, plus précisément au temps médian, après le passage du soleil à la méridienne vers son coucher. La fin est marquée par le coucher du soleil.

4 – La prière du Maghrib : Elle se fait après le coucher du soleil. Son temps se prolonge jusqu’à la disparition de la lueur crépusculaire, c’est à dire une heure et demie environ après le coucher du soleil.

5 – La prière du Icha : elle se fait après la disparition de la lueur crépusculaire, une heure et demie environ après le Maghrib. La fin de son temps est marquée par l’apparition de l’aurore, à condition que les salutations finales accompagnent la première lueur du jour.
Important : AUCUNE PRIERE SUREROGATOIRE NE PEUT ETRE FAITE AU MOMENT DU LEVER OU DU COUCHER DU SOLEIL, AFIN D’ELOIGNER L’INTENTION DE L’ADORATION DE L’ASTRE.

La prière commune à la Mosquée est recommandée sauf la grande prière du vendredi à midi qui est obligatoire pour le résident. Cependant le musulman peut accomplir la prière à son domicile, lieu de travail, en plein air, sauf dans les endroits impurs.

Comment accomplir la prière

Le cœur plein d’amour et de bonne volonté pour Dieu, formuler mentalement l’intention de faire telle ou telle prière, murmurer les paroles suivantes (qui sont prononcées par l’officiant ou l’Imam, en cas de prière en assemblée).
(Al Ikama) : Formule d’imminence de la prière
Allahu Akbarou Dieu est le plus Grand
Allahu Akbarou Dieu est le plus Grand
Ach-Hadu An lâ Je témoigne qu’il n’y a
Ilâ Ha Illa Allah de divinité que Dieu
Ach-Hadu Anna Je témoigne que
Mohammadan Mohammed est
Rassulu Allah l’Envoyé de Dieu
Hayya Ala Assalah Venez à la prière
Hayya ala Al Falah Venez au bien
Qad Qâmati salah La prière est annoncée
Allahu Akbarou Dieu est le plus Grand
Allahu Akbarou Dieu est le plus Grand
Lâ Ilâ Ha Illa Allah Il n’y a pas de divinité que Dieu

Ensuite le fidèle lève les mains jusqu’à la hauteur du visage et tout en les baissant en avant jusqu’à ce qu’elles soient allongées contre le corps, dire à mi-voix :

Allahu Akbar (Dieu est le plus Grand) – formule de sacralisation (Takbirat Al-Ihrâm). Lire la Fatiha.

Après avoir terminé AL FÂTIHA et une autre sourate, s’incliner en appuyant ses mains sur les genoux tendus en arrière, prenant soin de ne pas voûter le dos, de ne pas lever ou baisser la tête. Rester dans cette situation le temps de dire – au moins – trois fois : SUBHÂNA RABBIYA AL ADHIME (Dieu le Puissant soit loué). Puis se relever en disant : SAMI’A ALLAHU LI MAN HAMIDAH, RABANÂ WA LAKA AL-HAMD (Dieu entend son serviteur qui le loue, Notre Seigneur à Toi la Louange).

Rester un instant debout, puis se prosterner, toucher le sol des genoux du front et du nez, les deux mains ouvertes et appuyées au sol des deux côtés de la tête et dire – au moins – trois fois : SUBHÂNA RABBIYA AL ‘A’LÂ (Dieu le Puissant le plus Haut soit loué).
Puis relever la tête en disant : ALLAHU AKBAR (Dieu est le plus grand).
Et, s’asseoir le pied gauche couché sur le flanc extérieur et ramené au mollet de la jambe droite, la jambe gauche est au sol, les mains à plat sur les jambes.
Rester ainsi le temps d’immobiliser les membres, et se prosterner une deuxième fois.
ALLAHU AKBAR (Dieu est le plus Grand).
Prosterné, dire à voix basse trois fois : SUBHANA RABBI AL A’LÂ (Dieu le Puissant et le plus haut soit loué).
Enfin se relever en s’appuyant les deux mains en disant : ALLAHU AKBAR (Dieu est le plus Grand).
Cet ensemble de mouvements et lectures constitue une « Rak’a ».
Pour une prière de deux « Rak’as », faire deux fois cet ensemble, mais au lieu de se lever à la fin de la deuxième prosternation comme on la fait lors de la première « Rak’a », rester assis, en fermant la main droite et en allongeant l’index de cette même main pour dire la « Tahia »
(ATTACHAHUD).

Attachaud

ATTAHIYATU LILLAH, AZZAKIYATU LILLAH ATTIYIBÂTU ASSALAWATU LILLAH ASSALAMU ALAYKA AYUHA ANNABIYU WA RAHMATU ALLAHI WA BARAKÂTTUH ASSALAMU ALAYNÂ WA ALÂ IBÂDI ALLAHI ASSÂLIHIN ACHHADU AN LÂ ILÂHA ILLA ALLAH WAHDAHU LÂ CHARÎKA LA HU WA ACHHADU ANNA MUHAMMADAN ABDUHU WA RASULUH.

(TRANSPOSITION)

J’offre mon salut à Dieu, les œuvres pures à Dieu. Les actions de grâces et de prières à Dieu. Que le salut soit sur vous ô Prophète, ainsi que la Miséricorde et les bénédictions de Dieu.
Que le salut soit sur nous et sur les bons serviteurs de Dieu.
J’atteste qu’il n’y a d’autres Dieux que Dieu Seul, sans associé.
J’atteste que Mohammed est son serviteur et son Envoyé !

Pour une prière de deux « Rak’as » comme la prière du Sobh. Baisser la tête, et dans un mouvement de droite à gauche, dire : ASSALÂMU HALAÏKUM pour le côté droit et ASSALÂMU HALAÏKUM à gauche (que le salut soit sur vous). (c’est la formule de désacralisation). Et la prière est terminée.

Pour la prière de 4 « Rak’as » ou de 3 « Rak’as » arrêter « la tahiya sans dire : « ASSALAMU HALAYKUM ».
C’est à dire se lever après avoir dit :
WA ACHHADU ANNA MUHAMMADAN ABDUHU WA RASULOUH.
Pour faire autant de « Rak’as » que la prière exige (ou selon la prière) répéter les mêmes mouvements : génuflexions et prosternations et la lecture de la Fatiha seule, à voix basse.
Après la troisième « Rak’a » (pour une prière de trois Rak’as), dire une deuxième fois « attahiya en ajoutant l’invocation dite « Al Ibrâhimia » connue et terminer la prière par le mouvement de la tête à droite puis dire : ASSALAMU HALAYKUM et à gauche et dire : ASSALAMU HALAYKUM. 

Après avoir terminé la prière, il est recommandé de dire, avant de changer de position :

LA ILAHA ILLA ALLAH
LA ILAHA ILLA ALLAH
LA ILAHA ILLA ALLAH
MUHAMMADUN RASÛLU ALLAH.

Il est recommandé aussi de réciter le verset du Trône 7
ALLAHU LÂ ILLA HUW AL HAYU AL QAYÛM LÂ TAKHUDHUHU SINATUN WA LÂ NAWM LA HU MÂ FI ASSAMÂWÂTI WA MÂ FI AL ARDH MAN DHA ALLADHI YACHFA’U ‘UINDAHU ILLA BI IDHNIH YA’LAMU MA BAYNA AYDÎHIM WA MÂ KHALFAHUM WA LÂ YUHÎTÛNA BI CHAYIN MINE ‘ILMIHI ILLA BIMÂ CHÂ-A WASSI’A KURSIYUHU ASSAMÂWÂTI WAL ARDH WA LÂ YA ÛDUHU HIFDHUHUMÂ WAHUWA AL ALIYYU AL ADHIM. 

(TRANSPOSITION)

Dieu, nulle divinité excepté lui – Il est le vivant, le subsistant.
Ni somnolence, ni sommeil ne le prennent. A lui ce qui est dans les cieux, et ce qui est sur la terre.
Quel est celui qui intercédera auprès de Lui, sinon sur Sa permission. Il sait ce qui est entre les mains (des hommes) et derrière eux, alors qu’ils n’embrassent de Sa science que ce qu’Il veut. Son trône s’étend sur les cieux et la terre dont la conservation ne lui coûte aucune peine est le Très Haut, le Très Grand.
Après il est recommandé de dire : 33 fois SUBHÂNA ALLAH (Dieu soit loué) et 33 : AL HAMDU LILLAH (Louange à Dieu) et ALLAHU AKBAR (Dieu est le plus Grand).
Après : RABBANA ÂTINA FI ADDUNIYÂ HASSANA WA FI AL AKHIRA HASSANA WA QINÂ ‘ADHAB ANNAR (O notre Dieu ! Accorde-nous Tes bienfaits dans ce monde, et dans l’autre ; et éloigne de nous les souffrances de l’enfer !)

Après, porter les mains au visage et dire

WAL HAMDU LILLAHI RABBI AL ALAMINE (Louange à Dieu, Maître de l’univers).
Enfin, demander de Dieu la bénédiction du Prophète Mohammed qui nous a montré le droit chemin par son exemple et l’exemple des siens. Les mains tendues implorer (ASSALAWAT) :
ASSALÂTU WA ASSALAMU ALAÏKA YA SAYIDI YA HABIBA ALLAH, ASSALATU WA ASSALAMU ALAÏKA YA SAYIDI YA NABIYA ALLAH ASSALATU WA ASSALAMU ALAÏKA YA SAYIDI YA RASÛLA ALLAH, ALFU SALÂTIN WA ALFU SALÂM ALAYKA, WA ALÂ AHLIKA, WA AS-HABIKA, WA KHAÏRA KHALKI ALLAH WAL HAMDU LILLAHI RABBI ‘ALAMÎN.

(TRANSPOSITION)

Que le saut et la paix soient sur toi, O mon Seigneur, O l’ami de Dieu.
Que le salut et la paix soient sur toi, O mon Seigneur, O l’envoyé de Dieu.
Que le salue et la paix soient sur toi, O mon seigneur, O Prophète de Dieu.
Mille saluts et mille paix sur toi, sur ta famille, sur tes compagnons.
O Seigneur la meilleure des Créatures de Dieu.

Schémas des prières

I – FAJR (prière surérogatoire)

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix basse)
2 – Al Fâtiha et sourate (à voix basse)
TAHIA (Tachahud)
ASSALAMU ALAYKUM

II – SUBH

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
2 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
TAHIA (Tachahud)
ASSALAMU ALAYKUM

III – DHOHR

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix basse)
2 – Al Fâtiha et sourate (à voix basse)
TAHIA (Tachahud)
3 – Al Fâtiha (à voix basse)
4 – Al Fâtiha (à voix basse)
TAHIA en plus de l’invocation Al-Ibrâhimiyya
ASSALAMU ALAYKUM

IV – ASR

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix basse)
2 – Al Fâtiha et sourate (à voix basse)
TAHIA (Tachahud)
3 – Al Fâtiha (à voix basse)
4 – Al Fâtiha (à voix basse)
TAHIA plus l’invocation Al-Ibrâhimiyya
ASSALAMU ALAYKUM

V – MAGHREB

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
2 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
TAHIA (Tachahud)
3 – Al Fatiha (à voix basse)
TAHIA plus l’invocation Al-Ibrâhimiyya
ASSALAMU ALAYKUM

VI – ICHA

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
2 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
TAHIA (Tachahud)
3 – Al Fâtiha (à voix basse)
4 – Al Fâtiha (à voix basse)
TAHIA plus l’invocation Al-Ibrâhimiyya
ASSALAMU ALAYKUM

VII – CHAFAA (prière surérogatoire)

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
2 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute)
TAHIA
ASSALAMU ALAYKUM

VIII – WITR (prière surérogatoire)

1 – Al Fâtiha et sourate (à voix haute) de préférence la sourate Sabi isma ... (La foi pure)
TAHIA (Tachahud)
ASSALAMU ALAYKUM

Indications

  • La récitation à haute voix veut dire entendre sa propre voix et en aucune manière crier ou déranger.
  • La récitation à voix basse veut dire murmurer. Ne pas être entendu.
  • La femme comme l’homme doit prendre une position correcte.
  • La femme ne doit pas élever la voix.
  • La prière se fait dans la langue du Coran : l’Arabe (la transposition est réalisée pour expliquer le sens des textes).
  • Si vous arrivez dans une assemblée où la prière est commencée, vous vous joignez aux fidèles sans passer devant eux et vous prenez leur position en disant « ALLAHU AKBAR »

APRES : Vous les suivez en prière jusqu’au moment où ils disent « ASSALAMU ALAYKUM », formule finale que vous dites s’il ne vous manque aucune « Rak’a ».
ET : Si vous arrivez après l’inclination du corps, vous ne dites pas « ASSALAMU ALAYKUM, parce que vous devez faire toutes les « Rak’as » que vous n’avez pas effectuées, et que l’assemblée a effectué avant votre arrivée.
ET : Si vous arrivez dans une assemblée à la fin d’une prière, terminez avec l’assemblée. Après reprenez du début.

Attitudes dans la prière commune
La personne qui est seule avec l’Imam, se tiendra debout à la droite de celui-ci.
Si elles sont deux personnes ou plus avec l’Imam, elles se tiendront derrière lui.
Les hommes se tiendront devant les femmes.
Si une femme prie avec son mari, elle se tiendra à sa droite légèrement en arrière.

La Prière du Vendredi

Il existe des prières pour les motifs bien déterminés : la grande prière du Vendredi, celle du Danger, des deux Grandes fêtes (Aïd Al Fitr, Aïd Al Adh’ha), de l’Eclipse etc…
La prière du vendredi est d’obligation divine. Il est recommandé de se hâter vers la Mosquée la plus proche ou la salle de prière la plus proche.
Quand l’Imam s’assoit dans la chair et le « Muadhine » commence l’appel à la prière.
Il est recommandé de ne penser qu’à cette communication avec Dieu le Plus Haut, tout ce qui concerne le bas monde doit être éliminée jusqu’à la fin de la prière.
Il y a bien entendu des exceptions (la sauvegarde de la vie etc…)
La prière du vendredi comprend deux « Rak’as » que l’Imam dit à haute voix, après son prêche.
Il est recommandé de prendre un bain avant de se rendre à la prière du vendredi.

III – LE JEUNE DU RAMADHAN (Quatrième pilier de l’Islam)

Le jeûne a été institué au mois de Cha’bâne de la 2ème année de l’Hégire, c’est à dire en 624 environ après Jésus-Christ – Il est prescrit en termes assez précis dans le Coran où Dieu dit : « Il vous est prescrit de jeûner à l’instar de ceux qui vous ont précédés, afin que vous manifestiez votre piété » (S. II – V. 183) et : « Il vous est prescrit de jeûner un nombre déterminé de jours – Celui d’entre vous qui est malade ou en voyage (peut s’en dispenser, quitte à jeûner plus tard) un nombre de jours (égal). Mais pour ceux qui ne peuvent observer le jeûne qu’avec grande difficulté et le rompent doivent se racheter moyennant la nourriture d’un pauvre (pour un jour). Quiconque se montrera (ce faisant), très large, en retirera un plus grand avantage. Mais en tout état de cause il est préférable pour vous de jeûner ». (S. II – V. 184).
La Tradition et le « Fiqh » (Droit Musulman) ont ensuite complété et précisé la prescription du Coran.
Le Coran fait une obligation de jeûner pendant tout le mois de Ramadhan qui est le 9ème mois de l’année de l’Hégire.
C’est le mois au cours duquel le Coran a commencé à être révélé au Prophète Mohammad (SAWS) pour la première fois
« Le mois de Ramadhan est celui au cours duquel le Coran fut révélé pour servir de bonne direction aux hommes, d’explication claire aux préceptes divins, de critère à la vérité et à l’erreur. Quiconque aura aperçu la nouvelle lune (marquant le commencement de ce mois) observera le jeûne… jeûnez jusqu’à la fin de la durée fixée et magnifiez Dieu pour la bonne direction où Il vous a mis, pour Lui prouver votre reconnaissance ». (S. II – V. 185).

Quand commence le mois de Ramadhan ?

L’année de l’Hégire est une année lunaire c’est à dire basée sur les révolutions de la lune autour de la terre. Chaque mois de l’année lunaire commence quand la nouvelle lune apparaît au crépuscule, c’est à dire tous les 29 ou 30 jours. L’année lunaire compte 354 jours.
L’année chrétienne, ou « grégorienne » est basée sur la révolution de la terre autour du soleil et compte 365 jours et ¼.
C’est pourquoi, par rapport à l’année chrétienne, le mois de Ramadhan commence chaque année 11 jours plutôt que l’année précédente.

Le début de Ramadhan est donc déterminé par l’un des deux faits suivants :

1 – la vision du croissant de la nouvelle lune à la veille du 30 Sha’bân – Dieu dit dans le Coran : « Quiconque parmi vous verra poindre le croissant jeûnera tout le mois » (S.V).
2 – Quand le nombre de jours du mois de Cha’bân est de 30, le jour suivant est le 1er du mois de Ramadhan – le Prophète (SAWS) dit : « Jeûnez à sa vision (du croissant de la nouvelle lune), rompez à sa vision, et s’il vous est caché achevez le mois de Cha’bân en comptant 30 jours ». (Hadith Prophétique).
Il suffit, pour confirmer le début de Ramadhan, du témoignage d’un honnête homme, et il est exigé le témoignage de deux personnes pour la rupture du jeûne. Il est institué une commission religieuse dans chaque pays musulman, pour annoncer le début du Ramadhan.
Ainsi, dès que le Ramadhan a compté 30 jours, le jeûne se termine.
Cependant, il se peut qu’il y ait une différence d’un jour entre les pays de l’Est et ceux de l’Ouest, selon le moment où le 1er quartier de lune est vu dans chaque pays. Ecoutons ce que dit à ce sujet le Professeur HAMIDULLAH : « Nous savons que les différentes phases de la Loi ne se forment au cours de ses révolutions autour de la terre. Par conséquent il peut arriver que la révolution de la terre, qui tourne elle aussi l’amène dans le plein jour au moment où le premier quartier de lune est formé.
On ne pourra donc pas le voir ce jour-là et le nouveau mois commencera un jour plus tard, c’est à dire le lendemain du jour où le premier quartier de lune était théoriquement visible ».
C’est pour des raisons analogues que le mois de Ramadhan passe successivement par toutes les saisons de l’année et qu’il peut avoir lieu simultanément en hiver dans l’hémisphère Nord et en été dans l’hémisphère Sud puisque de part et d’autre de l’Equateur les saisons sont inversées.
Ainsi, Dieu qui veut pour l’homme la facilité a voulu cette rotation dans les saisons du jeûne afin d’en alterner les avantages et les difficultés.

Qu’est ce que le jeûne ?

Tout d’abord, afin que le jeûne soit validé, il faut auparavant en formuler l’intention. Cette « intention » est très importante. Elle fait toute la différence entre un jeûne prescrit par exemple par un médecin pour raison de santé, ou un jeûne volontaire pour revendiquer un droit (grève de la faim) et le jeûne accompli pour obéir aux commandements de Dieu, ce qui s’énonce dans l’intention que l’on formule.
Le jeûne consiste ensuite à s’abstenir de toute nourriture et boisson, et même de ce qui entrerait dans le corps (fumée du tabac) et de l’acte sexuel depuis l’aube (environ 1 heure avant le lever du soleil) jusqu’au coucher du soleil.
En dehors de ce temps de jeûne, les besoins et désirs normaux licites peuvent être normalement assouvis.
Le Prophète recommandait de prendre un repas normal au coucher du soleil (Iftar) et un repas léger avant l’aube (Sahûr).
De même qu’on affirme son intention de débuter le jeûne, on exprime celle de la rompre. On rapporte que le Messager de Dieu disait au moment de la rupture du jeûne : « Ô Dieu, pour toi j’ai jeûné, en Toi j’ai cru, et avec ta nourriture je romps le jeûne ».
Mais le jeûne n’est qu’un des aspects de Ramadhan. Ce doit être surtout un mois de recueillement et de prière ainsi qu’un mois de contrôle de soi et de répression des passions mauvaises. C’est un mois qui doit mettre en avant les valeurs spirituelles, dont la privation matérielle n’est que le support.
C’est ainsi qu’en jeûnant le riche sentira la faim comme le pauvre qu’il ne devra pas oublier mais avec qui il devra partager son repas.
On rapporte cette parole du Prophète (SAWS) : « Dieu, qu’Il soit loué, a instauré le jeûne du mois de Ramadhan, et j’en ai réglementé les veilles, les prières de la nuit. Quiconque a jeûné et a fait les prières sincèrement et en toute fidélité sera délivré de ses pêchés comme au jour de sa naissance ».
La réglementation de la veillée, c’est la prière surérogatoire de Tarawih. Il est recommandé selon la Tradition du Calife Omar de se rendre à la mosquée pour l’accomplir en commun, mais on peut aussi la faire chez soi.
Les prières de Tarawih se font juste après les prières obligatoires de Icha. Elles comportent habituellement 8 rak’as effectuées par groupe de 2. On rapporte de Aïcha (que Dieu l’agréé) que le Prophète pendant le Ramadhan ou en dehors du Ramadhan, ne dépassait pas 11 Rak’as. Cette prière (Tarawih) tient son nom du fait que l’on se repose entre 2 Rak’as ou prosternations.
Pendant le Ramadhan 1/30ème du Coran est lu chaque nuit à haute voix pendant la prière du Tarawih par l’Imam qui dirige cette prière commune et c’est ainsi que tout le Coran est récité et écouté d’un bout à l’autre au cours des prières.

Particularités de Ramadhan dans le Coran

En plus du jeûne, le mois de Ramadhan se distingue des autres mois par plusieurs particularités.
C’est d’abord le seul mois qui ait été cité par son nom dans le Coran :
« Le mois de Ramadhan est celui au cours duquel le Coran fut révélé » (S. II – V.185).
C’est le mois que Dieu a choisi pour honorer le Prophète, lui signifiant le début de sa mission dans la première sourate révélée : « Lis, au nom de ton Dieu qui a crée ».
C’est aussi au cours de ce mois que de grandes victoires ont été remportées par les musulmans : la bataille de BADR (le 17 Ramadhan 624) au cours de laquelle le Messager de Dieu Mohammed remporta une grande et célèbre victoire sur l’armée mecquoise. Cette victoire transforma le cours de l’histoire et Dieu la cite dans le Coran : « … et Dieu vous a rendu victorieux à Badr bien que vous ayez été méprisés ».
L’autre grande victoire remportée au cours de ce « mois béni » fut la prise de la Mecque, en l’an VIII de l’Hégire . Et le Coran nous rappelle cette victoire : « Si la victoire de Dieu arrive avec la conquête (de la Mecque) et que tu vois les hommes entrer dans la religion de Dieu par groupes, glorifie ton Dieu et demande-Lui pardon car Il est celui qui pardonne ».
Des anniversaires mémorables sont fêtés aussi en divers autres jours de Ramadhan : la naissance de Hussayn, petit-fils du Prophète, la mort d’Ali son gendre, et celle de sa première épouse Khadija.

Puisque le mois de Ramadhan a été le mois pendant lequel la « Révélation est descendue comme direction pour les hommes », il n’est pas faux de dire que tout ce mois est une célébration du Coran et que ces 29 ou 30 jours de jeûne deviennent une longue commémoration de la « descente du Livre ».
La date la plus importante en est l’une des nuits de la dernière décade, en général la nuit du 26 au 27ème jour – c’est la « Nuit du Destin » - Voici la sourate qui lui est consacrée : (S. 97).
« En vérité nous l’avons révélé en la nuit de la destinée ! Et qui est-ce qui te fera connaître ce qu’est la nuit de la destinée ? – La nuit de la destinée vaut mieux que mille mois. Les Anges et l’Esprit descendent du (ciel) avec la permission de leur Seigneur, (chargés) de tout ordre – c’est une nuit de paix jusqu’au lever du jour ».
C’est une « nuit bénie », une nuit de grande ferveur religieuse que les musulmans pieux passent à la mosquée en psalmodiant le texte coranique.
Le mois de Ramadhan se termine par la « petite fête », Aïd Al-Seghir ou l’Aïd el Fitr », la fête de la rupture du jeûne. Elle dure 3 jours. Le premier jour de la fête commence par des prières en commun le matin après le lever du soleil à la mosquée. Elles sont suivies par un sermon prononcé par l’Imam.

Le Messager de Dieu a recommandé aux fidèles de déjeuner avant de se rendre à la Mosquée ce jour-là – car après la longue période de jeûne, c’est l’occasion de faire des repas plus abondants, en famille, de visiter les siens pour leur présenter ses voeux. C’est aussi la fête des enfants qui arborent des habits neufs et à qui l’on offre des cadeaux.
Toute la vie sociale se colore alors de gaieté et de joie. Il est aussi du devoir religieux de tout musulman de penser à la part du pauvre en aumône (zakat) en nourriture, Zakât Al-Fitr qui doit être acquittée dès le 27ème jour du Ramadhan et avant la prière de l’Aïd Al-Fitr.

IV – LA ZAKAT : Redevance Socialo-Religieuse

Dans son livre « Traité Moderne de Théologie Islamique » paru chez Maisonneuve et Larose 1985, Sidi Hamza BOUBAKEUR – Rahimahu Allah – indique : c’est une obligation divine qu’il n’est pas aisé de rendre avec toute la précision désirable par un seul terme français parce que son sens a évolué au cours même de son institution : Etymologiquement le mot signifie purification, accroissement et par extension, aumône, redevance sociale et religieuse, contribution par prélèvement sur les biens !
Il s’agit, en réalité qu’une taxe frappant les fortunes et conçue par euphémisme, comme un accroissement de la richesse, grâce à sa purification réalisée par une contribution au profit
des nécessiteux. Il ne s’agit ni d’aumône, ni de dîme, mais de prélèvement de caractère moral. Prélèvement qui a fini par être institutionnalisé.
A la lumière du Coran, de la Tradition et de la jurisprudence, la Zakat apparaît à la fois comme un acte de charité et une contribution sociale, un geste de bienfaisance et un devoir de solidarité.
Le fait saillant est qu’il s’agit d’un impôt annuel sur les patrimoines, aux taux progressifs, proportionné à la nature et au volume de la matière imposable en sa consistance et en son apport annuel.
Le terme est employé trente-sept fois dans le Coran, presque toujours en même temps que la prière. Cette concomitance a amené certains jurisconsultes à établir une liaison entre les deux obligations allant jusqu’à dire que la prière n’est pas valable que si elle est accompagnée d’un acte de charité et c’est bien notre avis. Aussi la Zakat occupe-t-elle une place de premier ordre dans la vie religieuse. Est-il besoin de rappeler à cette occasion que les obligations de l’Islam ont reçu de la Tradition et de la jurisprudence un classement par ordre d’importance : la profession de foi (Shahada), la prière (Salat) et la bienfaisance (Zakat) sont des obligations impératives. Le jeûne durant le mois de Ramadhan (Siyam) et le pèlerinage au temple de la Kaaba (Hajj) ne sont obligatoires que pour celui qui est en état de les accomplir.
A l’Etat musulman (ou à l’institution musulmane représentative) incombait à l’origine le contrôle, la perception et la redistribution de cette redevance aux ayants droit de la localité où elle était perçue : nécessiteux, handicapés, veuves et orphelins sans ressources et sans soutien, combattants voyageurs impécunieux, débiteurs acculés à la ruine ou à la contrainte par corps, institution d’utilité publique. Les non-musulmans n’ayant fait preuve d’aucune hostilité contre l’Islam peuvent y avoir droit. Les agents chargés de la perception sont rémunérés sur la caisse centrale de la Zakat, devenue peu de temps après un office public : BAYT AL MAAL (Trésor Public).
L’économie moderne a bouleversé la conception de la matière imposable, ses bases étant non seulement foncières et pastorales, mais encore et surtout, industrielles, transactionnelles et spéculatives. Aussi devient-il superfétatoire pour le fidèle de connaître en détail les formes d’impôts frappant les biens, ni de s’attarder sur les cas particuliers.
Simplifions donc le problème, au risque de soulever des objections théoriquement justifiables, mais pratiquement particuliers.
A la Zakat sont soumis les avoirs de tous les musulmans, hommes et femmes, quel que soit leur âge, même des déments et les mineurs. Leurs créances en sont exonérées toutefois. Elle est exigible au moment des récoltes ou de l’agnelage et doit être versée, soit en nature, soit en espèces après estimation, directement aux ayants droits cités plus haut.
Son taux, soit en nature, soit en espèces est de 2,5 %.

La Zakat est exigible lorsque le patrimoine dépasse en nombre ou en valeur :

  • Cinq chameaux
  • Trente bovines
  • Quarante ovins
  • Cinq charges de céréales ou de dattes ou leur équivalent.

On pourrait aisément établir pour chaque matière imposable le taux et la quantité en monnaie locale.
A côté de la Zakat contributive générale qui frappe les biens, il y a la Zakat sur les personnes physiques.
Elle doit être versée annuellement à la fin du Ramadhan. Elle porte ainsi le nom de Zakat de rupture du jeûne de Ramadhan (Zakat al Fitr ou simplement Fitra). Mais alors que la Zakat sur les fortunes se réfère au Coran, la Zakat al Fitr est fondée sur la tradition. Tout musulman, majeur ou mineur, libre ou privé de liberté ; homme ou femme doit s’en acquitter. Le Pater familias (le responsable de la famille) doit acquitter la Zakat al Fitr pour tout membre de sa famille n’ayant pas de biens propres ; c’est le cas des ascendants, des descendants impubères et de toute personne jeune ou âgée vivant sous son toit et à sa charge, ou étant à son service. L’impôt sur la personne physique Zakat al Fitr est uniforme.
Il est recommandé de s’acquitter de cette Zakat, soit le soir du dernier jour du Ramadhan, soit à l’aurore du jour de la rupture du jeûne, avant la prière.
S’il est admis de s’en acquitter pendant les trois derniers jours du mois de Ramadhan, il est blâmable d’en reculer le versement, quand rien se s’oppose à son versement en temps voulu (matin d 1er Shawal).
La Zakat sur les personnes physiques ne doit en aucun cas être versée à l’Etat. Son affectation globale ou fractionnée est laissée à la discrétion et à l’appréciation du fidèle lui-même, qui doit tenir compte, en s’en acquittant, de l’ordre prioritaire suivant : parents nécessiteux (excepté les père et mère et enfants en bas âge sous le toit de leur père), orphelins et veuves sans soutien, invalides, indigents, institutions religieuses. Il est loisible de partager cette imposition entre plusieurs ayants droit, comme il est permis de la donner en totalité à un seul. Il n’est nullement besoin de souligner le côté social de cette imposition qui revêt, sur le plan spirituel, la signification d’une purification et d’une expiation des actes répréhensibles qu’on a pu commettre durant l’année entière et surtout des fautes commises nonobstant les prescriptions divines : Inobservance des obligations religieuses, torts envers ses semblables, péchés caractérisés, geste indécents, etc…
C’est dans ce sens que le Coran enseigne : « Prélève sur leurs biens, une aumône pour les purifier et les rendre immaculés » et que le Prophète Mohammed disait métaphoriquement : « Le mérite du jeûne du Ramadhan reste suspendu entre ciel et terre tant que la Zakat n’en aura pas facilité l’Ascension ».

V – LE GRAND PELERINAGE

Le pèlerinage à la Maison Sacrée (Al-Ka’ba) est le 5ème pilier de l’Islam.
Le 1er Chawwâl, date de la fête de la rupture finale du jeûne, annonce le début de la période du Grand pèlerinage et se termine le 13 ou 14 du dernier mois lunaire (Dhu Al-Hijja). Le pèlerin peut se rendre à la Maison de Dieu pendant cette période et avant le 8 Dhu Al-Hijja.
Dans la conception de l’Islam, la vie tout entière représente un temple d’adoration. Elle est rythmée par des pratiques rituelles qui font participer l’homme à la sacralisation du temps et de l’espace. Le Coran nous apprend au sujet du pèlerinage à la Maison Sacrée (Al-Ka’ba), et c’est un devoir envers Allah « qu’Il incombe aux hommes, à ceux qui possèdent les moyens, d’aller en pèlerinage à la maison » Coran – III, 97. Ainsi, le 1er Chawwâl, date de la fête de la rupture finale du jeûne, annonce le début de la période du grand pèlerinage qui s’étend
jusqu’au 12ème ou 13ème jour de dhu-l-hijja (le dernier mois de l’année lunaire). C’est cette période qui constitue les mois du pèlerinage : chawwâl, dhu-l-qi’da et les 13 premiers jours de dhu-l-hijja (al-mawâqît az-zamâniyya). Celui qui n’est présent le 9ème de Dhul-l-Hijja au Mont Arafat, son pèlerinage est nul et devra le refaire l’année suivante.
La tradition musulmane rapporte que la Ka’ba a été fondée par Adam, et que son emplacement a été indiqué par inspiration divine à Abraham. « Le premier temple qui ait été fondé pour les hommes est, en vérité, celui de Bakka. Il est béni et sert de direction pour les mondes. On y trouve des signes évidents : la station d’Abraham. Quiconque y pénètre est en sécurité » Coran – III, 96. « Nous avons établi pour Abraham l’emplacement de la Maison. Ne m’associe rien, purifie ma maison pour ceux qui accomplissent les circuits, pour ceux qui s’y tiennent debout, pour ceux qui s’inclinent et qui se prosternent » Coran – XXII, 26. C’est en effet à la suite de cette inspiration divine, qu’Abraham y conduisit son épouse Hâjar et son fils Ismaïl pour se consacrer à Dieu et lui vouer une adoration sincère, comme le relate le Coran : « Notre Seigneur ! J’ai établi une partie de mes descendants dans une vallée stérile auprès de ta Maison Sacrée. Ô notre Seigneur ! Afin qu’ils s’acquittent de la prière » Coran XIV, 37.
Elévation des fondements de la Maison Sacrée
Le Coran rapporte à ce sujet : « Lorsque Abraham et Ismaïl eurent élevé les fondements de la maison, ils s’écrièrent : Notre Seigneur ! Accepte cela de notre part, car Tu es celui qui entend et connaît tout » Coran – II, 127.
Les fins de pèlerinage
Comme toute pratique rituelle en Islam, le pèlerinage à des fins spirituelles et communautaires est un moyen pour invoquer le Nom d’Allah, de le glorifier et de lui présenter les louanges. Il est aussi la concrétisation du sens de la communauté (Umma) dont chaque musulman représente un membre. Dieu dit à ce sujet : « Appelle les hommes au pèlerinage ! Ils viendront à toi, à pied ou sur toute monture efflanquée. Ils viendront par des chemins éloignés pour témoigner des bienfaits qui leur seront accordés, et pour invoquer le Nom de Dieu dans des jours fixés sur les bêtes des troupeaux qu’il leur a accordée. Mangez-en et nourrissez en le pauvre, le malheureux » Coran – XXII, 27 et 28. Le pèlerinage est néanmoins soumis à deux conditions : avoir les capacités physiques et financières.

Le premier pilier du pèlerinage

L’état de sacralité (al-ihrâm) qui est la formulation de l’intention. Ce rite annonce le début de tous les autres rites relatifs au pèlerinage. Cet acte implique d’autres attitudes et comportements qui ne font pas partie des piliers (arkân), mais qui, en cas de négligence, exige une mesure expiatoire par le sacrifice d’une bête.
Avant d’entrer en état de sacralisation, il est recommandé au pèlerin de se couper les ongles, de se laver rituellement le corps (jânâba), d’enlever ses vêtements habituels (Tajarrud) et mettre deux pièces d’étoffe, de préférence blanche, dont l’une à mettre sur les épaules et la seconde autour de la hanche, et de se découvrir la tête (pour les hommes). Le pèlerin procédera ensuite une prière de deux unités (Rak’a) avant de formuler son intention d’accomplir le pèlerinage.

Il existe trois types de sacralisation :

♦ Si le pèlerin envisage d’accomplir uniquement le grand pèlerinage, (al-ifrâd), il dit : « A ton service Seigneur pour un grand pèlerinage ».

♦ S’il envisage de lier le petit et le grand pèlerinage (al-muqrin), il dit alors : « A ton service Seigneur pour un petit et grand pèlerinage » (Labbayka allâhumma Hajjan wa’umra).
♦ Si le pèlerin envisage de commencer son pèlerinage par une Umra, il dit alors : « A ton service Seigneur pour une umra » (labbayka allâhuma ‘umra). Au 8ème jour de Dhul Al-Hijja il se met en état de sacralisation pour le pèlerinage.

Alors chaque formulation d’intention, le pèlerin doit prononcer la formule invocatoire enseignée par le Prophète (SAWS) : « A ton Service Seigneur, A Ton service. A ton Service, Toi qui n’as point d’associé ! La louange, la grâce et le royaume t’appartiennent. Ô Toi qui n’as point d’associé ». Il est souhaitable de réciter cette formule invocatoire dans les diverses circonstances du pèlerinage.

Les lieux de sacralisation

Il s’agit de certaines limites géographiques que le pèlerin ne doit pas dépasser sans avoir préalablement formulé son intention. Ces lieux sont différents selon les provenances des pèlerins, et quel que soit le moyen de transport : air, mer, terre.

♦ Premier lieu : Al-juhfa ou Râbig, pour les gens en provenance d’Egypte, de Syrie, du Liban et du Maghreb. Ce lieu est situé à 204 km de la Mecque.
♦ Deuxième lieu : dhu-l-hulayfa ou Abâr ‘Ali, pour ceux qui viennent de Médine. Il se situe à 450 km de la Mecque.
♦ Troisième lieu : Qarn al-Manâzil, pour ceux qui viennent du Koweït. C’est un petit mont de la vallée de Arafa, situé à 94 km à l’Est de la Mecque.
♦ Quatrième lieu : Yalamlam, pour les pèlerins en provenance du Yémen. C’est un petit mont situé à 54 km environ au Sud de la Mecque.
♦ Cinquième lieu : Dhat’ irq, pour ceux qui viennent d’Irak. Il est situé à 94 km environ au Nord-Est de la Mecque.

Pour les gens qui habitent entre ces lieux et la Mecque, ainsi que pour les habitants de la Mecque, ils procéderont aux rites de sacralisation à partir du lieu de leur résidence, conformément à la tradition prophétique rapportée par Ibn’Abbâs : « Ceux qui habitent en deça de ces lieux, le feront là où ils résident. Quant aux Mecquois, ils le feront de chez eux ». Quant aux pèlerins qui souhaitent accomplir le rite du petit pèlerinage (Umra) tout en étant à la Mecque, ils devront rejoindre la limite de sacralisation (al-hill) située dans la région de Tan’îm où se trouve la Mosquée de Aïcha, l’épouse du Prophète. La tradition rapporte que lorsque Aïcha voulut accomplir la Umra, le Prophète (SAWS) ordonna à son frère Abderrahman de l’emmener à cet endroit.

Arrivée à la Mecque, il est recommandé aux pèlerins d’entrer dans l’enceinte sacrée par la porte de la paix (bâb As-salâm), pour accomplir ensuite les tournées rituelles au nombre de sept. L’invocation suivante est recommandée de manière facultative : « Seigneur ! Accordes à cette Maison encore plus d’honneur, de noblesse, de grandeur et de bénédiction. Accordes à tous ceux qui effectuent le grand ou le petit pèlerinage, plus de noblesse, de bénédiction et un honneur plus grand. Seigneur ! Toi qui es la paix, et de Toi par qui vient la paix, salue-nous par la paix et fais-nous entrer au paradis, demeure de la paix ». 18
Les tournées rituelles autour de la Ka’ba sont de trois sortes :

♦ Tournées rituelles de l’arrivée (tawâf al-qudûm). Elles ne constituent pas l’un des piliers du pèlerinage. Mais, en cas de négligence, le pèlerin est redevable du sacrifice rituel d’une bête.
♦ Tournées rituelles accomplies à la fin du pèlerinage, c’est à dire, après le jour de Arafa. Ce rite (tawâf al-ifâda), qui est le circuit de la clôture, et l’un des piliers du pèlerinage.
♦ Tournée rituelles de l’adieu : (tawâf al-wadâ’). Ces tournées, toujours au nombre de sept, qui sont seulement un acte d’adieu qui marque la fin des rites du pèlerinage et le départ du pèlerin.

Quelques règles relatives aux tournées rituelles

Les sept tournées rituelles commencent à partir de la pierre noire (al-hajar al-aswad). Il est recommandé au pèlerin de l’embrasser, ou de lui faire signe de la main. Ce signe symbolise le renouvellement du pacte primordial entre Dieu et l’Homme d’une part, et, d’autre part, la conformité à la tradition du Prophète (SAWS).Le pèlerin accomplit les trois premières tournées à pas rapides, et les quatre autres tournées en marchant.
Les conditions de validité des tournées rituelles sont les mêmes que pour la prière par rapport à l’intention et à la purification, puisque la tradition prophétique rapporte que le « tawaf » est une prière.
A la fin des sept tournées rituelles, le pèlerin se dirigea vers la station d’Abraham pour faire deux unités de prières. Cette station est le rocher sur lequel Abraham et son fils Ismaïl se tenaient pour élever les assises de la Maison Sacrée (Maqâm Ibrâhim). Le pèlerin se dirige ensuite vers les fontaines de Zam-Zam pour boire de cette eau bénie, et formuler voeux, demandes et prières.

LE DEUXIEME PILIER DU PELERINAGE

Le parcours entre les deux monts Safâ et Marwa
Ce rite, qui constitue l’un des quatre piliers du pèlerinage, doit être accompli tout de suite après les sept tournées rituelles. L’état de pureté n’est pas obligatoire pendant ce rite, mais seulement recommandé. Le parcours est lui aussi de sept parcours commençant par le mont de Safâ et se terminant par le mont de Marwa. Le retour de Marwa à Mina est compté un parcours Le Coran rapporte à ce sujet : « As-Safâ et Al-Marwa comptent vraiment parmi les choses sacrées de Dieu. Celui qui accomplit le grand pèlerinage à la Maison, ou le petit pèlerinage, ne commet pas de péché s’il accomplit les circuits rituels ici et là. Celui qui s’en acquitte de bon gré fait bien. Dieu est reconnaissant et omniscient Coran – II, 158. L’invocation recommandée au début de ce rite est la suivante : « Dieu est le plus grand. Louange à Dieu, abondance de louanges à Dieu, qu’Il soit exalté matin et soir. Il n’y a de Dieu que Lui, Seul et Unique. Il a tenu sa promesse, secouru son serviteur et vaincu les factions ».
Chaque parcours rituel commence par le mont d’As-Safâ, et se termine par le mont d’Al-Marwa. La distance entre les deux monts est d’environ 420 mètres. Le pèlerin doit accomplir ses allers-retours sans discontinuité. Il y a, cependant, sur les deux couloirs entre les deux
monts, deux piliers verts en guise d’indication pour les pèlerins circulants à pas rapides. Cette règle ne concerne pas les femmes.
La symbolique des allers-retours entre Safâ et Marwâ
Ce rite a pour origine le parcours de Hâgâr qui allait et venait entre les deux monts à la recherche d’eau pour son bébé Ismaïl. Subitement, l’eau commença à jaillir au pied d’Ismaïl. Elle n’a cessé de couler depuis… Les parcours rituels doivent être accomplis juste après les circuits autour de la Ka’ba à l’arrivée à la Mecque, ou bien, après le tawâf final (tawâf al-Ifâdha).
Ce rite symbolise la station spirituelle de la remise confiante (a-tawakkul) à Dieu. Le pèlerin est appelé à méditer sur l’état de Hâjar, qui, en se remettant en toute confiance à Dieu, savait avec certitude qu’elle allait être secourue. Ce rite rappelle aussi l’importance de la femme en Islam. « Le sens symbolique de la septuple course, implique une certaine prédominance de l’aspect féminin du principe, qui apparaît dans la référence faite à l’histoire d’Hâjar courant désespérément entre Safâ et Marwâ en quête d’eau pour étancher la soif de son fils Ismaïl ». Ibn-Arabî introduit ce commentaire qu’il consacre à Safâ et Marwa en remarquant que les femmes ont, aussi bien que les hommes, la possibilité d’atteindre la réalisation parfaite. Il se réfère ainsi pour illustrer son propos, à l’histoire de Hâjar. « Cette prédominance se marque enfin (et c’est le plus important), dans la constitution même du rite ».
Les préparatifs du jour de la désaltération (yawm al-tarwiyya)
Le 8ème jour de dhu-l-hijja, appelé « Jour de la désaltération », les pèlerins se préparent pour se diriger au rassemblement du mont de Arafa, pilier fondamental du pèlerinage, conformément à la parole du Prophète (SAWS) : « « Le pèlerinage c’est le rassemblement à Arafa ». Ce jour là, avant de se diriger vers le mont de Arafa, ceux qui accomplissent le pèlerinage doivent d’abord se diriger en état de sacralité vers Mina pour accomplir les prières suivantes : dhuhr, ‘asr, maghrib, ichâ et la prière de l’aube (Fajr) du 9ème jour de dhu-l-hijja.
Pour ceux qui ont commencé leur pèlerinage par la Umra, et qui sont revenus ensuite à l’état de vie normale en attendant ce jour (yawm al-tarwiyya), ils doivent entrer de nouveau en état de sacralité à partir du lieu de leur lieu de résidence pour se rendre également à Mina, avant de se diriger le 9ème jour de dhul-l-hijja à Arafa. Le Prophète (SAWS) dit à propos de ce jour : « Il n’est meilleur jour pour Dieu que celui de Arafa où Dieu descend au plus bas Ciel pour vanter les habitants de la Terre aux habitants du Ciel en disant : Regardez mes serviteurs décoiffés, couverts de poussière, venus dès le matin des chemins les plus éloignés, dans l’espoir d’obtenir ma Miséricorde alros qu’ils ne M’ont pas vu, et pour se protéger de mon châtiment alors qu’ils ne m’ont pas vu. Je vous prends pour témoins, mes Anges, que je leur ai pardonné ».
Le Prophète dit aussi (SAWS) : « Lorsque le jour de Arafa arrive, quiconque subsistera dans son coeur l’équivalent d’un atome de foi sera pardonné ».
C’est sur ce lieu béni d’Arafa que le vendredi 9 dhu-l-hijja de la deuxième année de l’Hégire, le Prophète (SAWS) a accompli son pèlerinage et a prononcé son Sermon d’adieu (khutbat al wadâ) en demandant à son compagnon Rabî’a-Ibn-Umayya Ibn-Khalaf de transmettre ses propos. Le Prophète (SAWS) ordonna ensuite à Bilâl d’appeler à la prière à Namira (où se trouve actuellement la Mosquée de Namira) aux limites de Arafa. Il y accomplit en même temps la prière du midi et celle qui la suit (âsr), en les réduisant à deux unités au lieu de quatre, et avec un seul appel à la prière (adhân) et deux formules de préparation à la prière (al-iqâma). Il remonta ensuite sur sa chamelle pour se diriger vers la qibla, et se mit à
invoquer, prier, adresser des demandes et présenter des louanges à Dieu jusqu’au crépuscule. Il dit alors : « La meilleure parole que je vous ai transmise, moi et les Prophètes qui m’ont précédé, est – lâ ilâha illâ Allah – Il n’y a de divinité si ce n’est Allah ».

DIEU ET LES HOMMES

I – La Création :

Le coran indique que Dieu a crée de sa toute puissante volonté le monde, les cieux, la terre. L’univers entier résulte de l’ordre de Dieu qui n’eut qu’à dire d’une chose « sois » et elle est (kun fa yakûn) – VI – 73 -. On dit que le point de départ de tout fut le « Bigbang » dont on a une référence dans le Coran (21-30) qui dit : N’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient au début une seule masse compacte et ensuite nous les avons séparées et que nous avons fait sortir de l’eau toute chose vivante ».
Après la création des cieux et de la terre des anges et de satan, Dieu décida de créer Adam de Limon Rassemblant les anges, Il éleva Adam au-dessus de leur degré de savoir en lui conférant la science de tous les noms de la création et Il l’instaura son vicaire sur terre (II- 30-31-32-33). Le Coran retient que satan se déclara ennemi du genre humain et ajoute malgré le pêche originel, Adam et ève furent pardonnés. Cependant la destinée du genre humain sur terre sera de reconquérir par l’effort un paradis mérité et non plus octroyé. L’homme vivra à la sueur de son front, sera enfanté dans la douleur et il goûtera la mort. A la résurrection il sera jugé selon ses actes bons ou mauvais, car son existence terrestre sera soumise à son libre arbitre. Dieu ordonne le bien, enseigne à l’homme les voies du salut, le met en garde contre le pêché, la facilité, la mauvaise action le non-respect d’autrui et surtout l’oubli de Dieu.
Pour cela Dieu envoie à l’humanité des messagers, des Prophètes et des envoyés comme pour rappeler inlassablement la prescription de crainte et d’adoration de Dieu. Le Mithâq (II- 27-83-93 etc) est un engagement ou pacte préexistentiel contracté de toute éternité par l’homme au moment de sa création de n’adorer que Dieu Seul et de ne Lui associer personne. En échange dit le Coran : l’homme reçu le dépôt de la foi (Amâna) (33-72) qui sera la caractéristique essentielle et absolue de son salut.

II - L’Ame (Al-Rûh)

Le Coran indique : il t’interroge au sujet de l’âme, dit que l’âme relève de l’ordre de mon Seigneur et vous n’avez reçu en fait de connaissance que peu de chose (17-85). L’Islam fait de l’âme un don de Dieu capable de spiritualiser l’être humain notamment dans sa phase biologique où il n’est qu’un amas vivant, pour lui conférer le statut de personne douée d’intelligence et d’esprit. Dans 750 versets coraniques Dieu rappelle aux hommes leurs qualités d’êtres doués de raison et capables de s’élever par l’intellect et la science.
L’Islam distingue la science acquise par la raison et la science révélée par Dieu seul capable d’apporter à l’homme ce supplément nécessaire pour s’approcher des sciences divines. L’âme est donc, comme dit le mystique Ghazali, le miroir humain qu’il faut polir sans cesse par l’effort et la méditation afin de recevoir plus intensément la Lumière divine. L’âme quitte le corps au moment précis décidé par Dieu (Ajal). La mort du point de vue musulman est un accomplissement (wafat) d’une vie bien remplie, d’où l’âme partira satisfaite vers l’agrément de son seigneur.
La vie éternelle réside précisément dans l’agrément de cette âme par Dieu qui lui réservera l’accueil de son paradis en récompense du bien qu’elle aura accompli sur cette terre. Dans le
Coran le paradis consistera essentiellement à contempler la gloire de Dieu dans sa splendeur indicible et dans sa proximité ineffable.
Au jugement dernier le châtiment de Dieu la colère de Dieu seront réservés à ceux qui auront enfreint la loi divine, pratiqué le mal et se seront damnés par le vice le meurtre ou la mécréance. Au jugement dernier, le Coran dit : Dieu sera d’un jugement rapide et d’une sévérité absolue mais aussi tout miséricordieux et tout compatissant pour ceux qui seront repentis. L’Islam rappelle que le dernier Messager intercédera pour l’humanité des gens sincères.

III - Le « silence de Dieu » :

Dieu n’est pas indifférent à sa création, et les souffrances ou les épreuves de celle-ci sont sans doute énormes pour l’humanité mais peu de chose au regard de l’éternité.
Dans l’infini de Dieu, les actes révoltants tels que les massacres d’injustice, la maladie, l’horreur et la mort entrent dans une vision du monde marqué par la transcendance. Le regard de l’homme sur lui-même n’est pas le regard de Dieu et la compréhension humaine sur elle-même est très loin de la manière dont Dieu observe et enregistre nos actes. Comment observons-nous par exemple la souffrance de l’infiniment petit et comment Dieu infiniment grand nous observe-t-Il eu égard à l’infini du temps et de l’espace, le propos du musulman est de s’en remettre à Dieu dans cette ignorance absolue de la manière dont est reçu au plan divin la souffrance humaine et le massacre des innocents.

Document élaboré par le Recteur
Dr. Dalil BOUBAKEUR


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